Une salve de coups heurtant la terre
Le groupe de taches solaires 61 (NOAA 0696) est responsable d’une série de halos d’éjections de matière coronale. Le champ magnétique était sérieusement chamboulé lorsqu’ils atteignirent la terre. Le 7 novembre, le groupe produisit une éruption de type X2.0 accompagnée d’une autre éjection de matière coronale. Le choc eut lieu au même moment (le 9 novembre à 09:45UT) ! Une tempête géomagnétique sévère est attendue.
Nederlandstalige versie /English Version posted: November 9, 2004

Le 2 novembre, un petit groupe de taches solaires s’est soudainement mis à croître très vite et de manière explosive. A partir de ce moment, ce groupe devint tout à fait déterminant du paysage solaire et de sa production d’éruptions et d’éjections de matière coronale (CMEs). A partir du 3 novembre, plusieurs alertes de halos de CMEs (halo-cme-alerts) ont été émises par le SIDC où CACTus, un logiciel de détection automatique des CMEs, repéra des CMEs se dirigeant vers la terre. L’image de gauche (cliquer dessus pour l’agrandir) donne un aperçu visuel de ces CMEs. Les coupes horizontales de cette image représentent le contour du disque de C2, un coronographe à bord de SOHO. Le cercle est scindé au sud-est et est dans une position relativement ouverte. Le 7 novembre, elles sont arrivées et sont venues cogner contre le champ géomagnétique. Celias/SOHO a détecté jusqu’à présent 4 chocs. Nous ne savons pas clairement quelle CME est responsable de quel choc puisque les nuages de plasma peuvent les rattraper. Ce violent phénomène est appelé 'CME cannibalism'.
Quoiqu’il en soit, le nuage de plasma qui est arrivé le 7 novembre dernier était porteur d’un champ magnétique puissant avec une composante de valeurs orientée vers le sud B-z allant au-delà -50nT(!). Cela déboucha sur une tempête magnétique sévère offrant une excellente occasion pour les observateurs d’aurores. Un autre point intéressant est le fait que les niveaux de protons ont commencé à augmenter à plusieurs reprises du fait des éruptions et des CMEs qui ont suivis. Le flux de protons mesuré par GOES, satellite en orbite autour de la terre, se maintient à un niveau élevé aussi longtemps que le front de chocs de CMEs (CME-shockfront) accélère les protons. Une fois que le choc a passé le satellite, les niveaux de protons diminuent. Lors d’une éruption qui augmente le flux de protons, la tendance décroissante démarre plus tôt. Les CMEs prennent, en général, 3 jours pour atteindre la terre, une éruption 8 minutes.

Le 7 novembre, le groupe explosa de nouveau et déclencha une éruption X2.0. EIT à bord de SOHO a capturé cette éruption sous la forme d’une belle photo visible droite. Le film LASCO nous montre très clairement qu’un joli halo accompagnait l’éruption. 4 halos de CMEs sont visibles dans le film : celui datant du 4 novembre qui est presque hors du champ de vision, la CME datant du 6 novembre liée à l’éruption M9.3, la CME du 7 novembre liée à une éruption de type X et un faible halo de CME quittant l’ occulting disque le 8 novembre autour de 05:42UT. Le 9 novembre, à 09:45UT, un choc probablement associé à une éruption de type X et accompagnant une CME est arrivé sur terre. Un moment non approprié à l’observation des aurores puisque cela s’est produit en plein jour. Utilisateurs de GPS qui dépendez de mesures exactes, croisez aussi les doigts ! En effet, dans un futur proche nous nous attendons à davantage d’agitation géomagnétique étant donné l’arrivée d’autres CMEs.